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Tous capables ! Tous chercheurs ! Tous créateurs !





« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »
(Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, 1789, Article premier)




Le mouvement de l'Education nouvelle est apparu à la fin du 19e siècle en Europe. Depuis lors, ce mouvement met en question la pensée et la pratique pédagogique établies, en s'inspirant de l'héritage de pédagogues comme Johann Heinrich Pestalozzi, Maria Montessori, Ovide Decroly, Janusz Korczak, Célestin Freinet... En même temps, il exprime la volonté de transformer la société par l'éducation.

Nous avons décidé de nous joindre à ce mouvement en créant le GLEN, Groupe Luxembourgeois d'Education Nouvelle.



Notre pari philosophique : tous capables, tous solidaires



Comme les pionniers de la loi scolaire de 1912 qui est à la base de l'école publique moderne au Luxembourg, nous pensons que l'enseignant ou l'enseignante a - au moins - une double mission : instruire - permettre aux élèves d'acquérir des connaissances et de construire des compétences et des capacités - et éduquer - educere : guider l'enfant et l'adolescent hors de lui-même, l'aider à devenir un sujet libre et un acteur de notre société.

A nos yeux, le défi lancé par Maurice Pescatore, rapporteur de la loi scolaire de 1912, reste d'actualité : « Il faut changer tout notre système scolaire ; il faut quitter la routine et sortir de l'ornière et renoncer à s'adresser uniquement à la mémoire, pour développer au contraire l'initiative et l'intelligence, ainsi que les qualités physiques, afin de créer des hommes capables d'être libres (…). »

Pour relever ce défi, le Groupe Luxembourgeois d'Education Nouvelle part du principe suivant : Les hommes et les femmes ont mille fois plus de possibilités qu'on ne le croit communément. Chaque enfant, chaque jeune, chaque adulte a des potentialités immenses insoupçonnées et trop souvent sacrifiées. Pour faire émerger les capacités de création de chacun, chacun doit pouvoir oser surmonter ses propres obstacles et cheminer dans le débat contradictoire. II s'agit d'apprendre à apprendre, d'apprendre à comprendre, d'oser un regard audacieux sur le monde et d'interroger contenus et méthodes.

Il est urgent de rappeler qu'éducation et formation ont à côté de leur fonction sociale une fonction émancipatrice : S'il faut préparer les jeunes à s'insérer dans la société, il faut tout autant leur permettre de participer à la transformation de cette dernière, sur la base des valeurs fondatrices d'une société vraiment démocratique. La liberté, l'égalité et la solidarité doivent cesser d'être des slogans pour devenir le vécu quotidien de nos rapports avec les autres, de nos rapports aux savoirs et aux pouvoirs, afin de préparer une société plus juste, plus humaine, plus créative, moins mercantile et concurrente, plus solidaire et non-violente.



Orientations et pratiques



Comme les groupes français, suisse, italien, russe et belge, le GLEN vise une transformation de la société à travers diverses institutions dont l'école. Nous agissons dans le système éducatif, sur le système éducatif et au-delà du système éducatif pour :

- développer l'immense capacité de tous les humains en cultivant leur désir d'apprendre, donc combattre l'idée fataliste « je ne suis pas capable » ;

- sortir du « on a pensé pour vous », en finir avec une pratique qui « explique » avant de faire découvrir et qui explique faussement puisqu'elle présente comme « évidence » ce qui demande en fait une rupture avec un savoir ancien, avec des représentations antérieures, avec des concepts devenus inopérants ;

- la remplacer par la construction des savoirs toujours à remettre en question : il n'y a pas d'éducation « paisible », qui se suffirait de « bonnes méthodes », toute éducation étant un lieu de transformation et donc de conflits, un lieu de déconstruction et de reconstruction des savoirs et donc de construction de la personne ;

- favoriser la recherche en groupe, précédée et complétée par une recherche individuelle (auto-socio-construction des savoirs) : « on apprend pour soi-même, par soi-même, mais pas tout seul » ;

- accepter et vivre la complexité : proposer des situations défis sous forme d'énigmes complexes et contextualisées - mais accessibles - à partir de consignes-actions, ceci afin de rendre plus savoureux les apprentissages, tournant ainsi le dos aux exercices simplistes et répétitifs ;

- tenir compte de l'hétérogénéité de nos sociétés, de nos écoles et de nos classes qui sont plurielles tout comme les individus qui la composent : dépasser l'exclusivité des leçons ex cathedra pour passer progressivement à un enseignement différencié et individualisé. Permettre à chacun de se développer dans des situations suffisamment complexes, pour trouver, grâce au travail solidaire avec ses pairs, son cheminement propre.

- ne pas concevoir la diversité linguistique et culturelle des élèves comme un obstacle aux apprentissages, mais comme une chance pour multiplier les connaissances et les expériences afin d'aboutir à un enrichissement des savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir ;

- débarrasser l'acte d'apprendre des formes extérieures d'excitation telles que les points, les bulletins, les classements, les bonnes notes qui cultivent chez la jeunesse l'esprit de lucre et de marchandisation généralisée ;

- repenser le statut de l'erreur dans le processus d'apprentissage : « Il vaut bien mieux que tu te trompes et que nous puissions travailler sur ton erreur, plutôt que tu te censures, de crainte de commettre une inexactitude » : accepter l'erreur pour mieux corriger la faute ;

- remplacer l'évaluation certificative par un suivi systématique individualisé, donc une évaluation formative ;

- mettre un terme à l'orientation par l'échec ;

- comprendre que les règles de vie à l'école comme ailleurs se construisent ensemble pour mieux y adhérer et s'y tenir ;

- transférer une partie du pouvoir des adultes vers le conseil coopératif des élèves qui peuvent participer à l'organisation de leur apprentissage et de l'école en général (p. ex. par les parlements d'élèves) ;

- coopérer avec les parents dans des comités de cogestion au niveau de l'école et de la commune, mais aussi dans des réunions de parents où chaque parent est mis en recherche créative afin de comprendre, dans l'action, ce qu'est l'apprentissage avec droit à l'erreur.

Ouverture…



Nous nous adressons à toutes celles et tous ceux qui, refusant l'échec et l'exclusion scolaires, désirent la formation d'hommes et de femmes inventifs, critiques, libres, égaux et solidaires. Comme l'éducation et la formation se jouent en tous lieux, tout au long de la vie, dans l'école et hors de l'école, nous nous proposons d'intervenir sur plusieurs plans, notamment par :

- l'organisation de réunions, de stages au niveau local et national pour inventer et vivre ensemble des démarches de construction de savoirs ;

- la mise en réseau d'enseignants et d'enseignantes, de parents et de personnes actives dans les secteurs psycho-médico-sociaux partageant les idées et pratiques de l'Education nouvelle ;

- le dialogue et la coopération avec les ministères, les instituts de formation, les syndicats, les associations pour que ceux-ci soient à l'écoute des préoccupations et réalisations d'Education Nouvelle.


glenLogoGroupe Luxembourgeois d'Education Nouvelle, Novembre 2004